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UNCTAD
L’essor des investissements dans l’IA risque d’élargir la fracture du développement mondial

La géopolitique et les nouvelles technologies favorisent la concentration, laissant de nombreuses économies en développement à la traîne.

L’intelligence artificielle et d’autres technologies stratégiques redéfinissent l’investissement mondial, concentrant le capital dans un nombre plus restreint de secteurs et de pays, tout en augmentant le risque que de nombreuses économies en développement soient laissées pour compte.

Cet avertissement a marqué l’ouverture de la 12e Réunion intersessions d’experts sur l’investissement, l’innovation et l’entrepreneuriat organisée par ONU commerce et développement (CNUCED).

La croissance rapide de l’investissement dans l’IA et les infrastructures numériques est désormais étroitement liée à la politique industrielle et aux priorités de sécurité nationale, influençant les lieux d’investissement des entreprises et la structuration de la production mondiale.

Dans ce contexte, l’investissement mondial devient plus volatil et plus difficile à anticiper.

Les flux d’investissements directs étrangers (IDE) ont reculé de 11 % en 2024 avant de rebondir de 5 % en 2025, reflétant l’impact des tensions géopolitiques et de l’incertitude économique. Mais au-delà des fluctuations à court terme, des transformations structurelles plus profondes se dessinent.

« L’investissement est un pari sur l’avenir, mais ce pari devient plus difficile à faire – et les résultats de plus en plus inégaux », a déclaré Pedro Manuel Moreno, Secrétaire général par intérim de la CNUCED.

L’investissement se concentre dans les secteurs stratégiques – et quelques pays

Le capital se concentre de plus en plus dans un nombre limité d’industries – notamment l’intelligence artificielle, l’énergie propre, les semi-conducteurs et les minéraux critiques – où les enjeux de concurrence, les incitations politiques et les considérations de sécurité sont les plus importants.

Parallèlement, l’investissement devient plus géographiquement concentré. Près de 75 % des IDE à destination des économies en développement se dirigent désormais vers seulement dix pays (parmi lesquels de grandes économies comme la Chine, le Brésil, le Mexique, l’Indonésie et l’Inde), laissant la majorité des pays en développement – et presque tous les pays les moins avancés – en difficulté pour attirer le capital.

Pour de nombreuses économies, les conséquences sont immédiates. L’IDE demeure une source clé de financement, d’emplois, de transfert de technologies et d’intégration aux chaînes de valeur mondiales. Lorsque l’investissement ralentit, se concentre ou se déplace ailleurs, des opportunités de développement sont perdues.

Un paysage d’investissement plus fragmenté

Les tensions géopolitiques, la concurrence stratégique et la restructuration des chaînes d’approvisionnement redéfinissent la carte mondiale des investissements. Les entreprises dirigent de plus en plus leur capital vers des marchés géopolitiquement alignés et régionalement intégrés, tandis que les gouvernements s’appuient davantage sur les politiques industrielles et les dispositifs de filtrage pour gérer les risques.

Pour les pays bien intégrés aux réseaux régionaux, ces évolutions peuvent ouvrir de nouvelles opportunités. Pour les autres, le risque grandit d’être encore davantage laissés pour compte.

Malgré ces défis, certains signaux positifs subsistent. La finance durable continue de se développer, les investissements Sud-Sud augmentent et des efforts de réforme sont en cours dans plusieurs économies en développement.

La tendance générale demeure toutefois claire : l’investissement mondial devient plus sélectif, plus politisé et plus inégalitaire.

Transformer l’investissement porté par l’IA en gains pour le développement

Les discussions ont porté sur les moyens pour les pays de réagir, notamment sur la façon de rivaliser dans les secteurs stratégiques comme l’IA malgré des marges de manœuvre budgétaires limitées, de renforcer les écosystèmes nationaux et de garantir que les nouveaux flux d’investissement se traduisent par des retombées durables pour le développement.

Les cadres d’orientation de la CNUCED, ses programmes pour l’entrepreneuriat et le prochain Forum mondial de l’investissement, qui se tiendra à Doha du 25 au 27 octobre 2026, visent à accompagner les pays dans la gestion de ces mutations et à façonner un paysage mondial de l’investissement plus inclusif.

 


Traduction générée par intelligence artificielle.

En cas de divergence, la version anglaise prévaut.