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L'IA et les outils numériques vont transformer les exportations de l'Afrique de l'Est

Une rencontre historique entre des organisations de promotion du commerce d'Afrique de l'Est et d'Europe a mis en évidence une stratégie commune : passer au numérique, connaître ses marchés, cartographier sa clientèle et utiliser l'intelligence artificielle (IA) pour prendre une longueur d'avance.

Une première pour le commerce

Pour la toute première fois, un événement a rassemblé en avril dernier des organisations de promotion du commerce (OPC) de toute l'Afrique de l'Est et d'Europe, l'occasion de débattre d'un défi commun : la meilleure manière d'aider les petits exportateurs à être compétitifs sur les marchés mondiaux.

Trois thèmes ont ainsi dominé la réunion qui se tenait à Dar es Salaam, en République-Unie de Tanzanie : la numérisation, l’IA et une cartographie plus intelligente de la clientèle.

L’un des enseignements les plus marquants de cet événement concerne les infrastructures : avec l’apparition des infrastructures numériques, la nécessité de maintenir une présence physique à l’étranger devient superflue.

David Yamina, Directeur des partenariats au sein de l’agence kenyane de promotion des exportations, KEPROBA, a expliqué comment son pays avait obtenu un accès en franchise de droits pour la plupart de ses exportations vers la Chine, et comment les plateformes numériques élargissent encore davantage cette portée.

« Il est primordial pour nous d’être présents sur d’autres marchés, et nous avons appris que nous pouvions éviter les coûts liés à une représentation sur le terrain grâce aux chambres de commerce, aux missions diplomatiques et à la numérisation de nos services. »

Cet événement était organisé dans le cadre de la deuxième phase du Programme d'amélioration de l'accès aux marchés UE-EAC (MARKUP II).

Lors de cet événement, une master class intitulée « Excellence des OPC » était organisée en partenariat avec Trade Promotion Europe. Celle-ci a montré comment les portails en ligne et les plateformes commerciales numériques apportaient aux agences de multiples avantages : la promotion des exportations grâce à l’interaction en ligne entre acheteurs et vendeurs, le suivi des consultations de produits, le suivi de l’avancement des achats et l’identification en temps réel des nouvelles tendances chez les acheteurs.

« Les intervenants nous ont montré le nombre d’acheteurs qui utilisent désormais les plateformes numériques. C'est une voie qu'il nous faut absolument emprunter », s'est extasié M. Yamina.

La KEPROBA a déjà numérisé la gestion des ressources d’entreprise et la gestion de la relation client. Elle utilise à la fois un portail en ligne et les marchés publics électroniques dans le cadre de ses campagnes nationales de promotion du commerce et de l’image de marque.

 

Connaissez votre exportateur : la cartographie de la clientèle est essentielle

Au-delà de la technologie, les participants ont souligné l’importance de connaître précisément les besoins de leurs clients, les petites entreprises. Selon Deogratius Mbarara, Chargé d’investissement au Secrétariat de la Communauté de l’Afrique de l’Est (CAE), ce qui distingue une OPC efficace d'une autre est sa capacité à fournir des services personnalisés.

« Les OPC doivent disposer des capacités, des connaissances et des outils numériques nécessaires pour aider leurs PME clientes à exporter efficacement. Compte tenu de l’évolution actuelle du monde, elles doivent comprendre le marché numérique et fournir des informations commerciales spécialisées, ciblées et pertinentes. »

 

L’IA comme avantage concurrentiel

Alors que le commerce mondial subit la pression de l’incertitude économique, la master class a clairement montré que la numérisation et les outils basés sur l’IA ne sont plus une option. « Les organisations de promotion du commerce qui intègrent ces outils dans leurs mécanismes bénéficieront d’un avantage considérable », affirme ainsi M. Mbarara.

La CAE met déjà en place un portail électronique régional afin d’offrir aux exportateurs une meilleure visibilité et un meilleur accès aux marchés. En donnant la priorité aux produits à valeur ajoutée, par exemple en transformant les avocats en huile, l’objectif est de renforcer les chaînes de valeur régionales et de stimuler les échanges tant au sein du bloc qu’au-delà.

 

Les prochaines étapes

Pour M. Yamina, dont le pays souhaite doubler d’ici 2028 ses recettes d’exportation de 2023, les priorités sont claires : « Nous devons envisager nos entreprises à ce niveau. »

Pour maintenir cette dynamique, une master class est prévue à Nairobi, destinée spécifiquement aux exportateurs et aux responsables gouvernementaux afin de renforcer la compréhension des tendances du marché mondial.

L’événement de Dar es Salaam a réuni des responsables des OPC du Burundi, du Kenya, de l’Ouganda, de la République démocratique du Congo, de la République-Unie de Tanzanie, du Rwanda et du Soudan du Sud. Leurs homologues européens venaient de Catalogne, du Danemark, de Finlande, des Pays-Bas et du Royaume-Uni.

Le programme UE-EAC MARKUP II est financé par l’Union européenne dans le cadre de sa stratégie Global Gateway, et mis en œuvre conjointement par le Centre du commerce international (ITC) et le Secrétariat de la CAE, ainsi que par des partenaires nationaux.

Le guichet 1 (W1) constitue le financement de base flexible de l’ITC. Il permet un démarrage et une expansion rapides de l’ensemble des programmes, ce qui permet à l’ITC d’apporter des réponses stratégiques et opportunes aux opportunités émergentes, générant ainsi des résultats durables pour les populations bénéficiaires. En investissant dans le guichet 1, les bailleurs de fonds permettent la mise en place des systèmes, de l’expertise et des partenariats qui aident les PME – en particulier celles dirigées par des femmes et des jeunes – à être compétitives, à nouer des liens et à prospérer sur les marchés mondiaux.

Fonds d'affectation spéciale de l'ITC, guichet 1 – Fonds de développement des entreprises

Allemagne, Belgique, Canada, Chine, Danemark, Finlande, Irlande, Norvège, Suède, Suisse

Five people in business attire sit on a panel stage, engaged in discussion.
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Avril 2026, Dar es Salaam, République-Unie de Tanzanie – Bezawit Asfaw, Consultante à l'ACCIO, intervient lors de la table ronde organisée à cette occasion.

People in business attire seated in a conference room, listening attentively.
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Avril 2026, Dar es Salaam, République-Unie de Tanzanie – La formation a porté sur la segmentation des exportateurs ainsi que sur les outils d’analyse comparative et l'outil Trade Map (Carte du commerce) du Centre du commerce international. Elle a réuni 34 participants, dont 13 femmes.

People in business attire sit at a conference table; one man speaks into a microphone.
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Avril 2026, Dar es Salaam, République-Unie de Tanzanie – Jose-Luis Gonzalez (au micro), Chargé de programme pour l'intégration économique régionale au sein de la Délégation de l'Union européenne auprès de la République-Unie de Tanzanie et de la Communauté de l'Afrique de l'Est, a souligné l'importance des organisations de producteurs.

Quatre personnes vêtues de manière formelle débattent autour d'une table couverte de bouteilles d'eau et des blocs-notes de chacune d'elles.

Avril 2026, Dar es Salaam, République-Unie de Tanzanie – Dans l’ensemble de la Communauté de l’Afrique de l’Est, les pays s’attachent à développer leurs exportations en s’appuyant fortement sur la contribution des PME, ce qui confère un caractère d’urgence à toutes les discussions.