
Des personnalités de haut rang, dont le Premier ministre ivoirien Robert Beugré Mambé (au centre), se sont réunies le 13 mars 2025 à l’hôtel Sofitel Ivoire, à Abidjan, pour le lancement officiel du projet PARAE et la présentation des stratégies nationales de la Côte d’Ivoire en matière d’intelligence artificielle et de gouvernance des données.
La Côte d’Ivoire a franchi une étape décisive avec le lancement officiel du Projet d’appui au renforcement de l’administration électronique (PARAE), une initiative phare soutenue par la Banque africaine de développement.
L’événement de lancement, qui s’est tenu le 13 mars à l’hôtel Sofitel Ivoire, à Abidjan, a également été l’occasion pour le Premier ministre ivoirien, Robert Beugré Mambé, de dévoiler les stratégies nationales du pays en matière d’intelligence artificielle (IA) et de gouvernance des données, marquant ainsi la forte ambition du pays de moderniser sa gouvernance et de consolider son statut de leader numérique en Afrique de l’Ouest.
S’inscrivant dans la Stratégie nationale de développement numérique (2021-2025), le PARAE vise à réformer l’administration publique en numérisant les services publics, en améliorant l’interopérabilité entre les systèmes gouvernementaux, en renforçant la cybersécurité grâce à la mise à niveau du Centre des opérations de sécurité (COS) du gouvernement et en déployant un centre de données gouvernemental respectueux de l’environnement.
Ce projet promet de réduire les coûts, de minimiser les lenteurs administratives et d’améliorer la transparence, rendant ainsi les services publics plus accessibles aux citoyens et aux entreprises. Bénéficiant d’un soutien financier de 49 milliards de francs CFA (80 millions de dollars) de la Banque africaine de développement, ce projet est l’une des pierres angulaires de la vision du président ivoirien Alassane Ouattara, visant à doubler la contribution du secteur numérique au PIB d’ici à 2030.
« Nous construisons une Côte d’Ivoire où la technologie profite à tous les secteurs et à tous les citoyens », a affirmé le Premier ministre Robert Beugré Mambé, qui a présidé la cérémonie.
Selon le ministre de la Transition numérique et de la Digitalisation, Ibrahim Kalil Konaté, « l’avenir numérique de la Côte d’Ivoire repose sur notre capacité collective à innover, à anticiper et à adopter des solutions technologiques adaptées à nos réalités et à nos aspirations. »
Le directeur général adjoint du Groupe de la Banque africaine de développement pour l’Afrique de l’Ouest et chef du bureau pays pour la Côte d’Ivoire, Joseph Ribeiro, a souligné le soutien de l’institution aux initiatives favorisant la souveraineté numérique et la croissance inclusive : « La Côte d’Ivoire pose les bases d’une administration moderne et innovante, où les citoyens et les entreprises peuvent facilement accéder aux services dont ils ont besoin, sans obstacles bureaucratiques ni retards excessifs. »
Le PARAE vise à catalyser l’innovation numérique par la mise en œuvre du Fonds ivoirien de l’innovation (FII), un fonds de 131 milliards de francs CFA (262 millions de dollars américains) créé en 2016 par la Banque africaine de développement, en collaboration avec le gouvernement ivoirien, pour soutenir les start-up locales, en particulier celles dirigées par des jeunes et des femmes. Avec plus de 75 % des Ivoiriens qui sont âgés de moins de 35 ans, le projet vise à stimuler la création d’emplois dans le secteur numérique.
La nouvelle stratégie en matière d’IA donne la priorité à une infrastructure robuste, à une adoption éthique et à l’inclusion, avec des avantages pour tous les citoyens. La création d’un laboratoire d’IA au sein de la Cité de l’innovation et de la culture est prévue, reflétant la volonté de la Côte d’Ivoire de devenir un pôle technologique régional qui favorise la recherche, la formation et l’entrepreneuriat.
Le PARAE devrait s’appuyer sur des initiatives récentes telles que le projet Génie, un projet de 8,25 millions de dollars du gouvernement ivoirien, en collaboration avec des partenaires, qui démocratise l’accès des jeunes au numérique, positionnant ainsi la Côte d’Ivoire comme un pays qui exploite la technologie pour stimuler la compétitivité intersectorielle et réduire les inégalités, tout en préservant les langues et les cultures locales.