© David Estrada Larrañeta/ILO

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Les compétences numériques ont relancé l’activité de ma mère et renforcé nos liens

Rafael Meza est un étudiant colombien, l’un des plus de 60 000 jeunes qui bénéficient du projet SENATIC soutenu par l’OIT. Grâce à ce programme, il acquiert des compétences en marketing numérique qui l’aident à développer l’entreprise alimentaire de sa mère.

Je m’appelle Rafael Meza. J’ai 18 ans et je vis à La Guajira, en Colombie. Ma mère a une activité de restauration : elle vend des empanadas, des bâtonnets de fromage et des pâtisseries. Elle les prépare à la maison et les vend surgelés, principalement sur commande. 

À l’époque, son activité était modeste, avec très peu de clients et peu de visibilité.

 

Lorsque les activités du SENATIC ont commencé, j’ai suivi une formation sur l’intégration de contenus numériques. Cette formation a été une nouvelle opportunité dans ma vie : elle m’a permis de faire quelque chose de positif pour ma mère et de l’aider dans son activité de restauration.

J’ai appris les bases du marketing numérique, la création de logos et la publicité. Avant, je savais faire des vidéos, mais je ne savais pas ce qu’était un logo ni comment en concevoir un.

Le programme m’a montré comment appliquer la créativité et la technologie à des projets concrets. Je me suis dit : « C’est mon opportunité. » Quand j’en ai parlé à ma mère, elle est devenue encore plus motivée et m’a dit : « D’accord, commençons à faire de la publicité et tout le reste. »

Rafael Meza, seated at a computer, surrounded by fellow beneficiaries of the SENATIC project and an instructor. He is positioned in the middle of the group.
© David Estrada Larrañeta/ILO

La formation du SENATIC m’a ouvert de nombreuses portes, en me donnant la possibilité de développer des projets. (Colombie, 2025)

Ensemble, nous avons créé la marque ROSYMAR, nommée d’après mon arrière-grand-mère Rosa et ma mère, Marlyn. J’ai conçu les publicités, les logos et les pages sur les réseaux sociaux pour promouvoir ses produits. Je l’ai encouragée à prendre des photos des snacks, frits ou crus, que j’ai ensuite transformées en annonces attrayantes.

L’activité de ma mère a évolué, notamment grâce à l’augmentation de la production. Les commandes ont commencé à augmenter et son entreprise a gagné en reconnaissance au sein de la communauté.

Ma famille était fière de voir comment mon apprentissage avait un impact réel à la maison.

Pouvoir aider ma mère a beaucoup compté pour moi. J’ai voulu ressentir son affection, la rendre fière et lui montrer les changements positifs en moi – la preuve que je progresse.

Rafael Meza, étudiant et bénéficiaire du SENATIC

Pouvoir aider ma mère a beaucoup compté pour moi. J’ai voulu ressentir son affection, la rendre fière et lui montrer les changements positifs en moi – la preuve que je progresse.

Je suis originaire de Barranquilla, où je vivais avec mon père. Il y a de nombreuses années, mes parents se sont séparés et j’ai donc été éloigné de ma mère. Quand j’avais 13 ou 14 ans, je l’ai rejoint à Maicao. Au début, ces retrouvailles ont été difficiles, parce que je ne la connaissais pas vraiment. Avec le temps, j’ai appris à mieux la connaître et je sais qu’au fond d’elle, je l’ai rendue fière de tout ce que j’ai accompli.

S’adapter à la vie à Maicao n’a pas été facile. J’ai dû apprendre de nouvelles règles familiales, de nouvelles habitudes, et même les coutumes locales de la communauté autochtone wayuu. Au début, je me sentais comme un étranger, mais ma mère m’a encouragé à me concentrer sur mes études. À Barranquilla, j’avais souvent des difficultés scolaires. Mais grâce à son soutien – elle me disait « Ressaisis-toi » –, j’ai commencé à être premier ou deuxième de ma classe. Cette reconnaissance m’a donné confiance et m’a montré qu’avec du soutien, je pouvais réussir.

Rafael Meza and his mother make empanadas in the family home’s courtyard. Rafael Meza is rolling dough on a tray.
© David Estrada Larrañeta/ILO

Grâce à mes compétences numériques, je fais la promotion de l’activité de ma mère sur les réseaux sociaux et je l’aide aussi à préparer les pâtisseries et les empanadas. (Colombie, 2025)

En travaillant aux côtés de ma mère, de mon frère et de ma demi-sœur, j’aide à produire les pâtisseries et les empanadas. Parfois, mon beau-père se joint aussi à nous. C’est véritablement une entreprise familiale et, grâce aux compétences que j’ai acquises, nous avons pu élargir notre clientèle et donner davantage de visibilité à ses produits.

L’Organisation internationale du Travail (OIT) et le SENATIC m’ont offert des opportunités qui ont changé ma vie et l’activité de ma famille. Les gens connaissent désormais sa marque et nous avons plus d’interactions avec les clients.

L’OIT et le SENATIC m’ont offert des opportunités qui ont changé ma vie et l’activité de ma famille. Les gens connaissent désormais sa marque et nous avons plus d’interactions avec les clients. 

Rafael Meza, étudiant et bénéficiaire du SENATIC

L’activité de ma mère a renforcé nos liens familiaux, parce que nous travaillons tous ensemble et partageons les responsabilités. Elle a aussi montré à nos voisins que les jeunes peuvent apporter de l’innovation et de la croissance aux activités traditionnelles.

En parallèle du projet de ma mère, j’ai un autre projet : la création de ma propre marque. Je passe progressivement de son projet au mien, une marque de vêtements de pulls et de casquettes. Je me sens aujourd’hui motivé à continuer à apprendre et je rêve d’étudier l’ingénierie des systèmes ou le marketing.

Rafael Meza and his mother, Marlin Judith, are seated together at a table. Rafael is showing her his mobile phone.
© David Estrada Larrañeta/ILO

Quand j’ai commencé à m’occuper du marketing numérique, ma mère a commencé à avoir plus de clients, et les gens ont mieux connu son activité et ses produits. (Colombie, 2025)

Je veux aussi inspirer d’autres jeunes. Beaucoup de camarades de classe me demandent des conseils, et je leur dis : « Si j’y arrive, vous le pouvez aussi. »

Je les encourage à créer leurs propres projets, à soutenir leurs familles et à croire en leur potentiel.

A portrait of Rafael Meza and his mother, Marlin Judith, in the family home’s courtyard. The two are smiling as Rafael rests his hands on his mother’s shoulders.
© David Estrada Larrañeta/ILO

Je sais qu’au fond de son cœur, je l’ai rendue fière de tout ce que j’ai accompli. (Colombie, 2025)

Ma famille a été très fière de moi et elle me le rappelle tout le temps. C’est l’impact que j’ai eu sur elle : je l’ai rendue fière grâce à mon apprentissage.

En bref

  • Le SENATIC est une initiative du ministère colombien des technologies de l’information et des communications (MinTIC), du Service national de formation (SENA) et de l’OIT.
  • Le projet vise à former les jeunes aux compétences numériques et techniques, afin de les préparer au marché du travail et au monde numérique.
  • Le programme combine une formation technique avec un enseignement secondaire et propose des cours certifiés de courte durée dispensés par des entreprises technologiques internationales.
  • Entre 2024 et 2026, plus de 60 000 élèves auront été formés dans le cadre de programmes techniques intégrés à l’enseignement secondaire dans l’ensemble des 32 départements de la Colombie.
  • Près de 20 % des bénéficiaires sont issus de communautés autochtones.

Entretien avec Carina Murcia, ministre des Technologies de l’information et des communications de Colombie (MinTIC)

 

En savoir plus

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