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L’investissement dans la jeunesse, clé de la transformation numérique et de l’inclusion financière en l’Afrique, selon Nnenna Nwabufo, directrice générale de la Banque africaine de développement pour l’Afrique de l’Est

« Les jeunes seront le moteur de l’économie numérique africaine, d’où la nécessité d’investir dans le développement de leurs compétences pour accélérer les innovations et la croissance sur le continent », a déclaré Nnenna Nwabufo, directrice générale de la Banque africaine de développement pour l’Afrique de l’Est, le 19 juillet 2022, à Nairobi.

Les jeunes Africains sont ambitieux, entreprenants et avides de changement, a souligné Nnenna Nwabufo qui s’exprimait lors des neuvièmes World Financial Innovation Series qui se tenaient à Nairobi, au Kenya. « Les jeunes Africains sont les plus fervents adeptes des TIC et des solutions numériques », a-t-elle ajouté.

60 % de la population africaine a moins de 25 ans et « nous anticipons un avenir qui sera très différent d’aujourd’hui en matière d’innovation, d’entreprise, de création d’emplois et de richesse », a poursuivi Mme Nwabufo.

L’événement organisé les 19 et 20 juillet, a rassemblé environ 1 500 responsables commerciaux et chargés des technologies de banques, d’assurances et d’institutions de microfinance, qui ont discuté des moyens d’accélérer l’innovation financière pour une Afrique numérique orientée vers le futur.

Mme Nwabufo a appelé à augmenter les investissements dans les start-ups sur le continent afin de favoriser la croissance des entrepreneurs du secteur technologique et renforcer l’inclusion financière. Elle a souligné que le nombre de pôles technologiques avait augmenté de manière spectaculaire, la plus grande concentration se trouvant en Afrique du Sud, au Nigeria, en Égypte, au Kenya, au Maroc et au Ghana.

« Ces centres offrent un espace aux entrepreneurs de tous les secteurs pour innover et intégrer des solutions numériques dans les secteurs traditionnels », a-t-elle déclaré.

Citant le M-Pesa, un fournisseur de services financiers et de transfert d’argent par téléphone mobile crée au Kenya et qui fournit des services à près de 30 millions de personnes vulnérables dans dix pays, elle a précisé que les prestations proposées par M-Pesa favorisaient l’inclusion financière en Afrique tout comme Airtel money en Afrique de l’Est et Orange money en Afrique de l’Ouest. Au Ghana, AgroCenta, aide les petits exploitants agricoles à accéder aux marchés et aux financements grâce à des applications mobiles et au Nigeria, Hello Tractor permet aux agriculteurs de louer des tracteurs à des prix abordables.

Moses Okundi, directeur de l’information de l’ABSA Bank au Kenya, a déclaré que l’adoption de la technologie s’était accélérée rapidement au cours des deux premières années de la pandémie de Covid-19 notamment. Selon lui, il est toutefois nécessaire d’élaborer des stratégies technologiques pour adopter « la nouvelle vague » en prévision de futures pandémies.

Les participants ont souligné l’importance de nouer des partenariats pour favoriser l’inclusion.

« Les partenariats débouchent sur des solutions intelligentes qui peuvent résoudre de nombreux problèmes sur le continent, créant des technologies qui peuvent changer la vie des populations », a déclaré Kiiru Muhoya, directeur général de Fingo Africa, une société de technologie financière kenyane qui fournit des services bancaires numériques aux jeunes. Il a ajouté que les partenariats stratégiques ouvraient la voie à de nombreuses opportunités numériques, permettant aux populations défavorisées d’accéder à des services essentiels.

La Banque africaine de développement soutient ses pays membres dans l’élaboration de stratégies nationales visant à élargir les marchés des services financiers numériques. La Banque incite également les décideurs à collecter des données sur les opportunités du marché en matière de services financiers numériques et de fonds d’investissement axés sur les solutions mobiles.

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