Noticias

La pandémie a accéléré la transformation numérique de quelque dix ans, nous a confié ce mois-ci Rodney Taylor, Secrétaire général de Caribbean Telecommunications Union (CTU – Union des télécommunications des Caraïbes), lors d’un entretien sur le thème des technologies de l’information et de la communication ainsi que de la numérisation aux Caraïbes.

Si la nouvelle est bonne en termes de transformation numérique, dans un monde en plein essor numérique, les entreprises, gouvernements et autorités sont aujourd’hui plus que jamais exposés aux risques de cybercriminalité – une menace croissante pour les organisations du monde entier.

Les chiffres de Identity Theft Resource Center (ITRC – centre de ressources sur l’usurpation d’identité) révèlent que 2022 commence avec un niveau record des fuites de données résultant de cyberattaques, après des chiffres déjà sans précédent en 2021. Les données du premier trimestre de 2022 indiquent en effet que 90% des fuites de données sont liées à ce type d’attaques. Les fuites de données augmentent par rapport aux données du premier trimestre de l’année précédente, pour la troisième année consécutive.

Ces derniers mois, de nombreuses postes ont été la cible de cyberattaques. La poste grecque, par exemple, a été gravement touchée à la fin de mars, ses systèmes informatiques ayant été dégradés par un logiciel malveillant; en Nouvelle-Zélande, des bureaux de poste avaient dû fermer à la fin de l’année dernière à cause d’une cyberattaque. D’autres opérateurs, dont la poste bulgare, Correios Brazil et Ukrposhta se sont eux aussi trouvés dans la ligne de mire des cybercriminels.

Ces événements récents, conjugués à la hausse des chiffres de la cybercriminalité en général, mettent en exergue l’importance critique de la cybersécurité pour les postes, qui doivent en faire une véritable priorité au sein de leur organisation. Interrogé dans l’épisode 12 du podcast Voice Mail de l’UPU, Rodney Taylor s’est déclaré convaincu que la collaboration entre pays, États et organisations constitue la clé de la cybersécurité.

«Il est primordial de nous rassembler et de coopérer pour affronter la cybercriminalité à l’échelle internationale, a-t-il déclaré. Dans les Caraïbes, cette méthode a été profitable et nous avons élaboré un cadre politique pour la gouvernance d’Internet afin de guider les États membres sur les différents aspects de la cybersécurité et des directives politiques.»

Dans cet épisode du podcast, M. Taylor rappelle également qu’il est important de sensibiliser le public et les gouvernements aux cybermenaces afin de garantir que des cadres législatifs adaptés sont en place pour prévenir la cybercriminalité.

L’UPU a mis au point plusieurs outils pour aider les postes confrontées à ce type de criminalité. Citons par exemple le domaine de premier niveau .POST, qui met à disposition des acteurs postaux un espace sûr et sécurisé sur Internet, dans l’économie numérique.

En outre, en mai, le groupe chargé de la gouvernance de .POST a lancé un nouvel outil visant à renforcer la résilience aux cyberattaques pour les membres de .POST. La solution cybertrack.post est un tableau de bord entièrement automatisé, basé sur Internet, qui permet de suivre en temps réel la conformité technique des domaines .POST avec les politiques approuvées en matière de cybersécurité visant les DNSSEC, l’authentification sécurisée des courriers électroniques et les transactions en ligne sécurisées. L’outil propose des fonctionnalités d’accès par pays et envoie des alertes électroniques aux correspondants si une non-conformité est détectée.

L’outil cybertrack.post permet également d’accéder à la plate-forme d’apprentissage .POST, sur laquelle l’UPU hébergera des formations et des activités de renforcement des capacités en matière de cybersécurité. Un module permettant de se familiariser à son rythme avec l’authentification sécurisée des courriers électroniques, mis au point par Global Cyber Alliance (un partenaire de l’UPU), est d’ores et déjà accessible sur cette plate-forme d’apprentissage. L’UPU prévoit de travailler avec ses partenaires pour proposer davantage de contenus sur la plate-forme dans les six à douze prochains mois.

Tracy Hackshaw, gestionnaire de projets de .POST qui a participé au lancement du dispositif avec le Groupe «.post», a expliqué: «L’outil est largement intuitif et requiert une configuration minime. L’expérience montre que, pour toutes les catégories d’utilisateurs – dirigeants, techniciens ou non –, le processus d’admission ne prend que quelques minutes. Tous les domaines .POST sont automatiquement ajoutés à la liste des domaines que cybertrack.post contrôle en temps réel.»

L’UPU sollicite actuellement ses membres afin de pouvoir ajouter tous ceux qui participent au Groupe «.post». L’Union prévoit également de lancer une série de webinaires dans les deux ou trois prochains mois pour mettre à l’honneur les membres du Groupe «.post» qui ont lancé des solutions et services réussis grâce à .POST et pour présenter leur expérience.

«Nous nous attachons également à enrichir les fonctionnalités de cybertrack.post, notamment en intégrant des composants proposés par l’équipe de l’UPU chargée de la réponse aux cyberincidents/.POST, le signalement et le suivi des abus de DNS/menaces de sécurité et d’autres éléments destinés à améliorer la résilience aux cyberattaques pour les membres du Groupe «.post» – les membres de l’UPU en particulier et, en fait, l’ensemble du secteur postal international», conclut-il.

Les ministres de l’Australie, du Japon et de Singapour — coorganisateurs des négociations sur le commerce électronique menées à l’OMC — se sont félicités des bons résultats obtenus par les participants à l’initiative. Dans une déclaration publiée le 13 juin pendant la douzième Conférence ministérielle de l’OMC, ils ont souligné l’importance de l’élaboration de règles mondiales sur le commerce électronique et, conjointement avec la Suisse, ont lancé le Cadre de renforcement des capacités en matière de commerce électronique visant à renforcer l’inclusion numérique et à aider les pays en développement et les pays les moins avancés à tirer parti des possibilités offertes par le commerce numérique.

Les Ministres ont souligné la volonté des participants de convenir le plus rapidement possible d’un ensemble de règles mondiales relatives au commerce numérique et de faire en sorte que ces règles aident les pays en développement et les pays les moins avancés à tirer parti des possibilités offertes par l’économie numérique.

Dans leur déclaration, les Ministres ont reconnu les obstacles rencontrés par les pays en développement et les pays les moins avancés qui cherchaient à tirer parti de l’économie numérique. Le Cadre de renforcement des capacités en matière de commerce électronique aidera ces pays à mieux surmonter ces obstacles et à profiter des avantages du commerce numérique, ont-ils dit.

Le Cadre offrira un large éventail d’activités d’assistance technique, de formation et de renforcement des capacités afin de soutenir la participation des pays aux négociations sur le commerce électronique.  À cette fin, il a notamment été établi un nouveau Fonds d’assistance au commerce et de conseil dans le domaine numérique (DATA — Digital Advisory and Trade Assistance Fund), auquel contribuent l’Australie et la Suisse. Un soutien pour le renforcement des capacités numériques est en outre fourni par le Japon, par l’intermédiaire de l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA) et de l’Organisation japonaise du commerce extérieur (JETRO), et par Singapour, dans le cadre du Programme de formation Singapour-OMC pour les pays tiers (TCTP).

Les coorganisateurs ont souligné que l’inclusion restait un principe important dans les négociations, comme en témoignaient les travaux inclusifs et transparents du groupe, qui étaient ouverts à tous les Membres.

Ils ont noté les appels lancés par 105 associations professionnelles du monde entier pour le maintien du moratoire multilatéral sur les droits de douane sur les transmissions électroniques. Il est crucial que l’initiative rende cette pratique permanente parmi les participants aux négociations, ont-ils dit.

Les Ministres ont dit qu’ils étaient déterminés à mener à bien les négociations en temps voulu et que les coorganisateurs livreraient un texte de négociation récapitulatif révisé pour la fin de 2022.

Actuellement, 86 Membres de l’OMC, représentant plus de 90% du commerce mondial, participent aux négociations sur le commerce électronique.

Le texte intégral de la déclaration est disponible ici.

 

Le présent document de recherche se propose d’estimer le montant des recettes fiscales qui seraient engrangé (ou perdu) par les pays membres du Centre Sud et de l’Union africaine dans le cadre de la mise en œuvre du Montant A et de l’Article 12B. Notre analyse s’appuie sur des sources d’information accessibles aux chercheurs du secteur privé et non sur les informations communiquées par les contribuables aux autorités fiscales. Elle démontre que les effets comparatifs sur les recettes de la mise en œuvre du Montant A et de l’article 12B dépendent en grande partie (a) des détails de conception du régime mis en place par l’article 12B, (b) du fait que le pays accueille ou non le siège d’entreprises multinationales susceptibles d’être imposées au titre du montant A ou de l’article 12B, et (c) de l’allégement éventuel de la double imposition qui sera accordé par le pays aux contribuables nationaux imposés au titre du Montant A ou de l’article 12B.

Télécharger

Dans le cadre de leur transformation d’un réseau distribuant des correspondances (lettres) à un réseau distribuant des marchandises (colis et petits paquets), les postes sont confrontées à une intensification de la concurrence et à la réduction de leurs marges. Bien que l’échange de données soit essentiel pour maintenir une qualité de service compétitive, l’échange de données électroniques préalables (EAD) peut être coûteux. L’UPU travaille pour faciliter cet échange de données de manière efficace et économique grâce à son application mobile de déclaration en douane des EAD.

La clé de la conformité en matière d’EAD est la saisie de données de bonne qualité et leur transmission dès que possible à la poste de destination. Toutefois, l’organisation de ces données de manière efficace, sécurisée et économique peut être difficile pour la poste d’origine. Pour cette raison, le Centre de technologies postales (CTP) de l’UPU, qui gère et coordonne les activités technologiques et télématiques de l’UPU, a développé plusieurs outils pour aider les postes à saisir et à transmettre des données fiables et de qualité dans l’ensemble du réseau postal.

L’une des dernières technologies développées par le CTP est l’application EAD Customs Declarations, pour la déclaration en douane des EAD, disponible dans les boutiques d’applications Apple et Google Play, qui apporte à la clientèle et aux microentreprises et aux petites et moyennes entreprises un moyen de saisir les renseignements douaniers relatifs aux envois postaux avant leur envoi. Cela permet ensuite d’aider les postes à saisir toutes les données requises pour un dédouanement rapide.

La procédure est simple: quand le client remet l’envoi à la poste d’origine, la poste peut récupérer les informations directement de la base de données du système de déclaration en douane (CDS) ou scanner le code QR sur l’appareil mobile de l’expéditeur et récupérer toutes les informations pour les valider avant envoi.

Les avantages de l’utilisation de cette application sont évidents tout au long de la chaîne logistique. Le fait d’avoir une application dans le creux de la main fait gagner un temps précieux à la clientèle lors du dépôt de l’envoi dans les bureaux de poste. La poste expéditrice minimise également le temps passé avec chaque client pour saisir les données requises. Et en conséquence, les douanes reçoivent des données de bonne qualité suivies et validées dans l’application elle-même.

Avec l’application et les autres outils techniques fournis par le CTP, les postes peuvent mieux s’organiser pour réduire leurs coûts liés à la conformité. En outre, ces technologies contribuent à moderniser et à dématérialiser l’ensemble de la chaîne logistique postale de bout en bout et à offrir ainsi à la clientèle une expérience concurrentielle par rapport aux autres réseaux logistiques.

En outre, elles permettent de préserver les données dans le réseau sécurisé POST*Net du CTP. Avec l’application pour l’échange d’EAD, les postes et leur clientèle peuvent être sûres que leurs données personnelles sont protégées de bout en bout.

Ces avantages ont été récemment reconnus lors du Sommet mondial sur la société de l’information, qui a distingué l’application comme étant un projet champion lors de la conférence de 2022 à Genève.

Perspective postale – Correios Cabo Verde

L’application mobile EAD Customs Declarations aide les bureaux de poste, comme ceux de Correios Cabo Verde, dans le processus de transformation numérique et de diversification, dans la transformation des modèles et des processus opérationnels ainsi que dans le développement d’une nouvelle manière d’interagir avec leur clientèle.

Selon notre expérience, l’application pour l’échange d’EAD a permis d’optimiser le processus numérique de bout en bout de la chaîne logistique, d’améliorer la gestion des relations avec les partenaires et d’améliorer l’efficacité de notre service. Il nous a également permis de mettre en œuvre les transactions dématérialisées entre la poste et les douanes, d’augmenter la transparence en s’assurant que tous les envois sont traités de la même manière et nous a donné un plus grand contrôle sur la procédure d’expédition. Cet outil numérique nous a aussi aidés à améliorer l’application des lois contre l’évasion fiscale et à réduire celle-ci, toutes les transactions laissant une trace numérique. Ce mécanisme numérique a enfin permis de réduire les coûts et d’améliorer nos statistiques.

Nous ne pouvons pas oublier un autre avantage crucial de la mise en œuvre de cette application: la sécurité. L’application pour l’échange d’EAD a permis d’éviter des failles de sécurité en sécurisant la chaîne logistique postale grâce à des mécanismes intégrés permettant de contrôler les marchandises interdites ou soumises à des restrictions avant qu’elles n’entrent dans le flux postal.

L’application est une grande contribution au développement du commerce électronique dans le monde.

Voyez comment Correios Cabo Verde utilise l’application de l’UPU EAD Customs Declarations

Correos Market a été lancé en 2019 dans le cadre de l’engagement pris par Correos pour s’attaquer au problème démographique espagnol dans les zones rurales – un aspect clé de la politique de responsabilité sociale de l’entreprise.

Le projet, qui offre aux vendeurs un espace de marketing numérique et une solution complète de logistique et de gestion de commandes, tire profit du rôle des postes dans la numérisation des entreprises espagnoles en les aidant à atteindre toutes les parties de l’Espagne et du Portugal.

L’idée derrière le projet était de permettre aux consommateurs de trouver et d’acheter des produits artisanaux et locaux afin de soutenir notre culture et nos traditions. Les produits peuvent être achetés auprès de nos bureaux de poste, ce qui donne accès aux producteurs, fabricants et entrepreneurs locaux à plus de 2300 points de vente.

La réussite du projet a entraîné une hausse de la demande des vendeurs, avec un nombre élevé d’entreprises nationales manifestant leur intérêt à rejoindre Correos Market. Donc, à partir de cette année, notre stratégie de marketing couvre non seulement les producteurs et artisans locaux, mais aussi les entreprises espagnoles à l’échelle nationale.

Le projet contribue également à créer un écosystème numérique plus juste par le biais d’une nouvelle composante sur les modalités de vente, comprise dans la stratégie d’entreprise pour la première fois cette année, qui met fin aux commisssions sur les ventes pour les vendeurs. Ainsi, tandis que les autres places de marché chargent des taux de commission exorbitants allant jusqu’à 20%, Correos Market s’appuie sur un modèle d’activités prônant une politique de commission zéro.

La durabilité est au cœur de ce repositionnement – à la fois commercialement, puisque les produits des ventes reviennent aux entreprises répertoriées en Espagne, et environnementalement, puisque les distributions de produits locaux ont une empreinte carbone plus faible en raison de la proximité entre vendeurs et clients.

Pour compléter cette stratégie Web, Correos Market a lancé une application pour les utilisateurs de téléphonie mobile, car un utilisateur sur trois regarde son téléphone plus de 100 fois par jour. Cela permet aux clients d’utiliser notre plate-forme en tout temps, à toute heure, et de nous contacter via un canal de communication. Nous sommes accessibles en un simple clic!

Notre but consiste à apporter plus de valeur pour nos clients – une valeur qu’ils ne trouveront nulle part ailleurs. C’est la clé de notre succès: une place de marché plus équitable pour les entreprises espagnoles, à des conditions justes, avec un accent mis sur la durabilité par le biais d’une plate-forme simple et intuitive.

Correos travaille sans relâche à l’évolution et à l’adaptation à la clientèle en gérant et en dépassant ses attentes, en plus de soutenir les entreprises espagnoles et de leur offrir tout ce que nous avons à disposition pour accroître les ventes en ligne: une plate-forme en ligne, une application, les services de logistique, de stockage et de manutention du Groupe Correos et la gestion des retours.

La Banque africaine de développement a réuni un panel d’experts issus de l’industrie, des pouvoirs publics et de la communauté des investisseurs afin de définir les actions clés qui permettront à l’Afrique d’offrir un avenir numérique transformateur à ses populations.

Organisée en marge des Assemblées annuelles de la Banque à Accra, au Ghana, la session a porté sur la construction d’économies numériques résilientes en Afrique. Les participants ont évoqué la nécessité de disposer de réseaux à haut débit résilients et de stimuler l’innovation et l’esprit d’entreprise pour développer un écosystème numérique prospère.

Ralph Mupita, PDG du groupe MTN, le plus grand opérateur de télécommunications d’Afrique, a souligné les progrès rapides de la connectivité sur le continent : près de la moitié de la population possède sa propre carte SIM et plus de 20 % ont accès à l’internet. Pourtant, « l’accès au haut débit pour l’ensemble de l’Afrique d’ici à 2030 coûtera au moins 100 milliards de dollars », a-t-il averti, ajoutant que pour rendre la technologie mobile abordable pour tous, l’Afrique a besoin d’un smartphone à 20 dollars.

L’impact transformationnel des plateformes numériques pourrait révolutionner des secteurs entiers de l’économie, en particulier lorsqu’il est appliqué aux chaînes de valeur existantes, a prédit Tidjane Dème, associé de la société de capital-risque Partech. Les investissements dans le numérique en Afrique sont passés de 360 millions de dollars en 2016 à 5,2 milliards de dollars en 2020, a-t-il indiqué.

Les experts ont reconnu des interdépendances au sein du secteur du numérique. Par exemple, la construction d’une infrastructure numérique nécessite des compétences dans le domaine du numérique et de l’entrepreneuriat. Pour tirer le maximum de valeur du secteur, les gouvernements et le secteur privé doivent considérer l’écosystème dans son ensemble, ont-ils dit.

Au Cabo Verde, un investissement de 31 millions d’euros de la Banque africaine de développement permet au gouvernement de construire un parc technologique de classe internationale, offrant aux entrepreneurs du numérique un espace pour innover et apprendre, bénéficiant d’une connectivité supérieure. « Notre objectif est de faire du Cabo Verde le premier pôle numérique et la porte d’entrée en Afrique de l’ouest », a déclaré le ministre des Finances du Cabo Verde, Olavo Correia.

Omobola Johnson, associée principale de la société de capital-risque TLcom et ancienne présidente de Alliance for Affordable Internet, a souligné la jeunesse de la population africaine et son avantage démographique. Selon elle, si les compétences sont enseignées et si une connectivité de qualité, au moins au niveau de la 4G, est largement accessible, un vivier de talents parmi les jeunes du continent pourrait stimuler l’économie numérique africaine et attirer les investissements.

Monique Ntumngia, fondatrice de Green Girls, est un exemple d’innovatrice numérique. Utilisant l’intelligence artificielle pour favoriser le déploiement de dispositifs d’énergie renouvelable, son objectif est de faire en sorte que les femmes et les communautés rurales ne soient pas laissées pour compte. « Nous devons aller au-delà de la simple offre de services numériques à ces groupes démographiques ; nous avons la responsabilité de donner aux femmes et à nos communautés rurales les compétences de base pour interagir avec le monde numérique », a déclaré Mme Ntumngia.

Wael Elkabbany, directeur général de Microsoft Africa Transformation Office, a reconnu qu’il restait encore beaucoup à faire. L’Afrique a besoin de 700 nouveaux centres de données pour répondre à sa demande croissante en matière de données. Les gouvernements et les communautés économiques régionales pourraient offrir des opportunités d’investissement à grande échelle, grâce à l’adoption de politiques harmonisées soutenant la libre circulation des données.

Pour sa part, Alain Ebobissé, PDG du fonds d’investissement dans les infrastructures Africa50, a noté le potentiel inexploité du recyclage des actifs – par lequel les gouvernements pourraient libérer des capitaux pour de futurs investissements dans les infrastructures en faisant appel au secteur privé en tant que partenaires dans la gestion et la propriété des actifs existants. « C’est maintenant qu’il faut investir. Nous devons investir plus rapidement et à grande échelle », a-t-il insisté.

L’un des thèmes des Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement est le renforcement de la résilience climatique et Juha Savolainen, du ministère finlandais des Affaires étrangères, a mis l’accent sur l’économie circulaire, où les plateformes numériques ont joué un rôle fondamental dans le développement de chaînes de valeur qui réutilisent les composants, créant une efficacité des ressources et réduisant les empreintes carbone.

Pour clore le débat, Solomon Quaynor, vice-président chargé du Secteur privé, des Infrastructures et de l’Industrialisation au sein du Groupe de la Banque africaine de développement, a cité un récent projet d’investissement de 170 millions de dollars dans les industries numériques et créatives du Nigéria. Le projet vise à créer jusqu’à 850 000 emplois directs et indirects, dans le cadre des efforts du Nigéria pour créer des emplois plus durables pour la population jeune qui est en pleine expansion.


The officials on stage during the Annual Meetings: Knowledge Event 1

View Flick Album

L’Union postale universelle (UPU) et l’Organisation mondiale des douanes (OMD) ont signé un accord de coopération afin de renforcer leur coopération et d’exploiter les nouvelles opportunités dans le domaine du commerce électronique et de la sécurité des réseaux.

Masahiko Metoki, Directeur général du Bureau international de l’UPU, et Kunio Mikuriya, Secrétaire général de l’OMD, ont signé l’accord dans le cadre du Conseil d’exploitation postale de l’UPU qui se tient cette semaine, à Berne.

«Nos deux organisations sont unies dans leurs objectifs communs – servir les citoyens du monde et faciliter les échanges et le commerce, tout en assurant la sécurité et la sûreté du réseau postal mondial, a précisé le Directeur général du Bureau international. La transformation numérique en cours, le commerce électronique et le développement économique mondial constituent de nouveaux défis et de nouvelles opportunités pour les organisations.»

Pour sa part, le Secrétaire général de l’OMD a indiqué: «Nous espérons pouvoir promouvoir davantage la coopération entre les postes et les douanes à l’ère du numérique afin de contribuer au bien-être des gens, non seulement en les protégeant, mais aussi en aidant les consommateurs et les petites et moyennes entreprises qui ont de plus en plus recours aux petits paquets.»

Depuis la fondation de l’OMD, il y a près de soixante-dix ans, l’UPU et l’OMD ont coopéré étroitement pour assurer le transit sans faille des envois postaux à travers les frontières. Cette coopération s’est traduite par un dialogue régulier entre les postes et les douanes dans le cadre du Comité de contact «OMD–UPU», créé en 1965.

Pour marquer cette coopération renouvelée, les deux organisations se sont engagées à organiser la toute première Conférence mondiale conjointe OMD–UPU au début de l’été 2023. Cette conférence réunira des responsables politiques et des décideurs, ainsi que des représentants des douanes et des postes, afin d’examiner, entre autres sujets, la reprise économique post-COVID, de faire le point sur les enseignements tirés et décrire les défis et les opportunités pour le commerce électronique transfrontalier et la chaîne logistique mondiale.

Dans le contexte de la hausse des volumes postaux internationaux due au commerce électronique et dans le but de répondre à l’évolution des attentes des clients, le nouvel accord permettra à l’UPU et à l’OMD de coopérer plus étroitement sur un certain nombre de questions transversales, notamment la numérisation et l’échange de données, la sécurité, les prescriptions réglementaires et la facilitation du commerce. Le partenariat ouvrira également la voie à des efforts conjoints en matière de renforcement des capacités tout au long de la chaîne logistique afin de garantir le transit sans faille des envois postaux, alors que les volumes du commerce électronique continuent d’augmenter.

En tant qu’organisations internationales et compte tenu du statut d’institution spécialisée des Nations Unies de l’UPU, celle-ci et l’OMD travailleront de pair pour faciliter les travaux sur le Programme de développement durable à l’horizon 2030.

Le 27 avril 2022, l’Organisation mondiale des douanes (OMD), la Commission économique et sociale des Nations Unies pour l’Asie et le Pacifique (CESAP), la Chambre de commerce internationale (ICC) et la Banque asiatique de développement (BAD) ont organisé conjointement un webinaire mondial intitulé « Digitalizing Certificates of Origin » (Numériser les certificats d’origine). Plus de 200 participants issus d’administrations douanières, d’organisations intergouvernementales, du secteur privé et du milieu universitaire du monde entier ont assisté à ce forum.

Dans le discours prononcé par l’OMD lors de la cérémonie d’ouverture, M. Konstantinos KAIOPOULOS, Directeur des questions tarifaires et commerciales, a exprimé sa reconnaissance envers la CESAP, l’ICC, la BAD et les participants pour avoir rendu ce forum possible. Il a ajouté que « les différents thèmes abordés montrent que les règles d’origine sont plus que jamais d’actualité. Elles sont devenues une caractéristique fondamentale des échanges commerciaux d’aujourd’hui et continueront à prendre de l’importance alors que de nouveaux accords commerciaux préférentiels sont négociés dans le monde entier pour s’ajouter à ceux déjà entrés en vigueur. » M. Kaiopoulos a souligné que l’OMD poursuivrait ses efforts de renforcement des capacités et explorerait les options potentielles de coopération entre les différentes administrations douanières en matière d’échange d’informations et de développement d’outils basés sur la numérisation des procédures liées à l’origine.

Ce webinaire a permis aux participants d’en apprendre davantage sur l’évolution récente de la situation et les réalisations en matière d’efforts de numérisation des certificats d’origine grâce aux contributions d’un panel de parties prenantes de haut niveau et de praticiens expérimentés. Des études de cas ont été présentées pour enrichir les discussions sur les dernières tendances et les défis liés à la numérisation des certificats d’origine. L’OMD a également fait une présentation sur deux de ses outils les plus importants en matière d’origine, les Directives de l’OMD sur la certification de l’origine et l’Étude comparative en matière de certification de l’origine.

Au cours du webinaire, il a été noté que l’utilisation du certificat d’origine électronique ou de la déclaration d’origine électronique a largement contribué à la simplification des échanges internationaux et à l’élimination des retards dans la circulation des marchandises à travers les frontières. Dans le cadre des efforts visant à accélérer la dématérialisation des échanges, le développement et l’utilisation des certificats d’origine électroniques (e-CO) ont grandement progressé ces dernières années.

La dernière étude de l’UPU, intitulée «Blockchains for a Sustainable Postal Future» (Les chaînes de blocs pour un avenir postal durable), rendue possible grâce au financement du Gouvernement japonais, met en évidence deux domaines pour les technologies de registre distribué: la logistique et les services financiers inclusifs. Les conclusions ont été présentées jeudi lors d’un webinaire auquel ont assisté plus de 200 participants de 100 Pays-membres.

À cette occasion, l’équipe de l’UPU en charge de l’inclusion financière a lancé une étude axée sur l’innovation concernant l’utilisation de la technologie de la chaîne de blocs et des technologies de registre distribué. Cette étude a pour objet de fournir des conseils aux opérateurs postaux qui envisagent de mettre en œuvre des technologies fondées sur la chaîne de blocs dans le cadre de leurs opérations ou de mener des projets pilotes à cet égard.

Selon Yoritaka Naito, Directeur au Ministère japonais de l’intérieur et des communications, «les technologies de registre distribué peuvent garantir l’intégrité et la fiabilité des données ainsi que la résilience des systèmes grâce à des transactions sécurisées sur des réseaux P2P distribués. En tant qu’industrie de réseau, le secteur postal devrait être l’un des domaines les plus prometteurs pour l’application des technologies de registre distribué.» Depuis lors, l’intérêt pour la technologie de la chaîne de blocs et d’autres technologies de registre distribué n’a cessé de croître et davantage de postes étudient le rôle que les technologies de registre distribué peuvent avoir dans leur croissance numérique.

La poste autrichienne a fait œuvre de pionnier en émettant le tout premier cryptotimbre en 2019. Pour le département philatélique de la poste autrichienne, l’adoption de la technologie de la chaîne de blocs était nécessaire afin de rester pertinent dans un monde en mutation.

«L’objectif était de déterminer comment survivre sur ce marché en baisse, a déclaré Patricia Liebermann, responsable de la philatélie auprès de la poste autrichienne. C’était la bonne décision parce que, maintenant, nous sommes sur un marché en croissance et le secteur de la philatélie joue un rôle prépondérant au sein de notre entité pour les projets et activités liés à la technologie de la chaîne de blocs.»

Selon l’étude de l’UPU, malgré les défis liés à l’adoption précoce des technologies de registre distribué, une solution décentralisée pourrait profiter aux postes et aux communautés.

Compte tenu de l’importance accordée à la poste, les technologies de registre distribué pourraient avoir un impact positif sur les franges de la population entièrement ou partiellement exclues des services bancaires et des systèmes financiers formels, selon le résumé de l’étude.

Les technologies de registre distribué pourraient être utilisées dans les domaines suivants: assurance collective, portefeuilles numériques, gestion de l’identité, gestion des projets de transfert direct d’argent, paiements P2G, transferts de fonds et gestion des informations sur les transactions.

En outre, les technologies de registre distribué peuvent être bénéfiques pour la logistique en améliorant la transparence des données partagées entre les parties prenantes et en créant un niveau supplémentaire de cybersécurité.

Les possibilités d’utilisation dans ce domaine couvrent les domaines suivants: certificats d’origine, cryptotimbres, douanes, manutention, boîtes postales numériques, logistique inverse pour les retours ainsi que suivi et localisation.

Les partenariats avec des plates-formes mondiales de paiement, telles que Visa, peuvent aider les postes à se préparer à accepter les cryptomonnaies et les monnaies numériques des banques centrales pour leurs services. Visa est partenaire de plus de 60 acteurs et plates-formes sur le marché des cryptomonnaies dans le monde et ses cartes permettent de convertir et de dépenser les cryptomonnaies de manière transparente. Ainsi, les postes n’ont pas à accepter directement les cryptomonnaies.

«Ce que nous avons appris au fil du temps, c’est la valeur des partenariats et des réseaux, a déclaré Maike Hornung, responsable de Europe Crypto & Global CBDC Strategy auprès de Visa. Les postes peuvent vraiment contribuer à présenter à la population les innovations liées aux technologies en mutation, comme elles l’ont fait avec le télégraphe, le téléphone et les transferts d’argent.»

Les postes peuvent également jouer un rôle essentiel dans l’économie circulaire en favorisant un mode de vie durable et un nouveau paradigme pour nos économies. À cet égard, les technologies de registre distribué peuvent contribuer à ce que les postes fassent partie intégrante de l’économie durable.

«Ces dernières années, des start-up se sont concentrées sur l’économie durable et circulaire qui vise à réduire les déchets. Elles réfléchissent sérieusement au rôle que pourraient jouer les services postaux, a indiqué Günther Dobrauz-Saldapenna, associé chez PwC Legal Switzerland. Vous pouvez créer de nouveaux emballages postaux qui sont durables, mais il faudra quand même les affranchir pour les distribuer. C’est exactement le genre de domaine où les technologies de registre distribué et de la chaîne de blocs donnent naissance à de nouvelles idées qui peuvent aider à surmonter les problèmes habituels».

Au cours des prochains mois, l’UPU publiera des études de cas détaillées et des schémas de chaînes de blocs pilotes pour aider les postes à apprendre et à mettre en œuvre des solutions d’inclusion financière au moyen des technologies de registre distribué.

Lisez l’étude!

L’Initiative de financement en faveur des femmes entrepreneures (We-Fi) a annoncé le 26 avril le lancement d’un nouveau cycle de financement dans le cadre duquel la Facilité pour l’inclusion financière numérique en Afrique (ADFI) de la Banque africaine de développement recevra 15 millions de dollars américains.

Ce financement servira à développer et étendre les solutions financières numériques en faveur des femmes détenant des petites et moyennes entreprises au Cameroun, en Égypte, au Kenya, au Mozambique et au Nigeria.

Ce quatrième cycle de financement, d’un montant de 54,8 millions de dollars, est destiné à près de 69 000 femmes entrepreneures dans les économies en développement ayant accès aux technologies du numérique et à la finance.

Ces fonds permettront à la Facilité pour l’inclusion financière numérique en Afrique d’élaborer et de mettre en œuvre des programmes visant à améliorer l’accès numérique au financement pour les femmes entrepreneures. L’objectif est de réduire le déficit de financement de 42 milliards de dollars auquel les femmes entrepreneures en Afrique font face et d’améliorer leur efficacité opérationnelle, ce qui leur permettra de reconstruire en mieux après la crise provoquée par la pandémie de Covid-19.

« Ce quatrième cycle d’allocations de la We-Fi arrive à un moment critique. L’autonomisation économique des femmes est mise sous pression en raison des conflits et de l’insécurité, de la hausse des prix et des effets persistants de la pandémie de Covid dans le monde », a déclaré Bärbel Kofler, parlementaire et secrétaire d’État du ministère allemand de la Coopération économique et du Développement. « Je suis heureuse de voir nos partenaires opérationnels préparer des propositions aussi solides pour soutenir les entreprises détenues par des femmes. L’accès à la technologie et au financement sera essentiel pour libérer le potentiel des femmes entrepreneures », a-t-elle ajouté.

Selon Stefan Nalletamby, directeur du Département du développement du secteur financier du Groupe de la Banque africaine de développement, « les solutions financières numériques sont indispensables pour améliorer la qualité de vie des populations en Afrique et réduire l’écart entre les sexes en matière d’accès au financement. Ce financement, qui vient en complément du programme Discrimination positive en matière de financement pour les femmes d’Afrique (AFAWA, sigle en anglais), sera utilisé non seulement pour élargir l’accès au financement pour les femmes détentrices de petites et moyennes entreprises, mais aussi pour soutenir leur autonomisation économique et accroître leur résilience ».

Trois autres banques multilatérales de développement ont reçu des allocations lors de ce quatrième cycle de financement. Il s’agit de la Banque islamique de développement, du Groupe de la Banque interaméricaine de développement et du Groupe de la Banque mondiale.

À propos de l’Initiative de financement en faveur des femmes entrepreneures (We-Fi)

L’initiative Women Entrepreneurs Finance Initiative dite We-Fi, hébergée par le Groupe de la Banque mondiale, est un partenariat entre 14 gouvernements, huit banques multilatérales de développement et différentes parties prenantes des secteurs public et privé. La Banque africaine de développement est un partenaire d’exécution, et son programme de Discrimination positive en matière de financement pour les femmes d’Afrique est une initiative de We-Fi. Pour plus d’informations, consulter www.we-fi.org(le lien est externe)

À propos de la Facilité pour l’inclusion financière numérique en Afrique (ADFI)

L’ADFI est une initiative panafricaine créée pour dynamiser l’inclusion financière numérique en Afrique. L’objectif est d’assurer l’accès à l’économie formelle à 332 millions d’Africains supplémentaires, dont 60 % de femmes, d’ici 2030. Lancée en 2019, l’ADFI remplit sa mission à travers le développement d’infrastructures, de politiques et de réglementations ainsi que de produits novateurs prenant en compte l’égalité des sexes. Les partenaires actuels de l’ADFI sont l’Agence française de développement (AFD), le ministère français de l’Économie et des Finances, le ministère des Finances du Luxembourg, la Fondation Bill et Melinda Gates et la Banque africaine de développement, qui héberge et gère la facilité. Pour plus d’informations : www.adfi.org/fr(le lien est externe)

Contact:

  • Africa Digital Financial Inclusion Facility (ADFI)

Louise Simpson, Email: l.simpson@afdb.org(le lien envoie un courriel)

  • African Development Bank 

Olufemi Terry, Email: o.terry@afdb.org(le lien envoie un courriel)

  • We-Fi Secretariat, The World Bank

Angela Bekkers, Senior External Affairs Officer

Email: abekkers@worldbankgroup.org