© Shutterstock/KPixMining | E-waste from discarded gadgets and devices is a growing concern.
CNUCED

Limiter l’empreinte environnementale croissante de l’économie numérique

Les technologies numériques offrent des solutions pour le climat mais avec un coût pour l’environnement. Une transition numérique plus durable est essentielle pour l’avenir de la planète.

 

Alors que le monde suit de près le sommet sur le climat, la COP28, l’eWeek 2023 de la CNUCED me en lumière le potentiel de la numérisation pour accélérer l’action climatique, mais aussi l’augmentation de ses coûts environnementaux.

Les technologies basées sur les données, telles que l’Internet des objets, la robotique et l’intelligence artificielle (IA), peuvent permettre de suivre l’évolution du changement climatique, d’optimiser l’utilisation de l’énergie et les processus de production, et de promouvoir l’adoption de technologies à faibles émissions.

Mais la transformation numérique a laissé des traces sur la planète en raison de l’épuisement des matières premières, de la consommation en énergie et en eau, de la pollution et des déchets.

« Les « clouds » ont un impact très réel sur les « sols »», a déclaré l’auteur Gerry McGovern le 7 décembre lors de la session de la eWeek intituée « L’économie numérique et la durabilité environnementale », organisée par la CNUCED et le Programme des Nations Unies pour l’environnement.

Torbjorn Fredriksson, chef du service “commerce électronique et économie numérique” à la CNUCED, a ajouté : « Nous nous trouvons à un moment crucial, où la voie que nous choisirons en matière de numérisation aura un impact significatif sur notre environnement et, en fin de compte, sur l’avenir de notre planète ».

Jusqu’à 12 % de l’énergie mondiale

Depuis 2010, le nombre d’internautes a plus que doublé et le trafic de données a été multiplié par 25. L’augmentation des activités en ligne, telles que la diffusion de vidéos et le téléchargement de fichiers, demande plus d’énergie et libère donc plus d’émissions.

Les centres de données et les réseaux qui alimentent les services en ligne et en nuage génèrent environ 1 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) liées à l’énergie. Selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, les appareils, les centres de données et les réseaux numériques représentent 6 à 12 % de la consommation mondiale d’énergie.

Les services et technologies numériques émergents, tels que le cloud gaming, la blockchain et la réalité virtuelle, devraient encore accroître la demande en services de données.

2,3 milliards de consommateurs en ligne

On estime que 2,3 milliards de personnes dans le monde ont fait des achats en ligne en 2021, soit une hausse de 68 % par rapport à 2017, selon la base de données Global Findex.

Les avantages du commerce électronique s’accompagnent de coûts environnementaux, tels que les déchets générés par le flux de colis et les émissions de gaz à effet de serre liées aux livraisons du dernier kilomètre et aux retours.

53,6 millions de tonnes de déchets électroniques

Les déchets électroniques issus du flux constant de nouveaux gadgets et appareils sont une préoccupation croissante.

Le dernier Global E-waste Monitor fait état d’une augmentation de 21 % des déchets électroniques mondiaux entre 2014 et 2019, atteignant 53,6 millions de tonnes métriques, provenant principalement des pays développés. Cela représente environ 7 kilogrammes par personne et par an, un chiffre qui pourrait doubler d’ici 2050.

Malheureusement, seuls 17 % des déchets électroniques sont correctement recyclés. Une élimination inadéquate peut contaminer les sols et les sources en eau.

Modèle pour les futures technologies

« Nous devons envisager les transitions numérique et environnementale ensemble », a déclaré M. Fredriksson.

McGovern a souligné l’importance pour les gouvernements et les entreprises de travailler ensemble pour s’attaquer à tous les impacts environnementaux de la numérisation, et pas seulement à ses émissions.

Les intervenants à la conférence eWeek ont décrit les mesures que les décideurs politiques peuvent prendre, comme notamment :

  • Améliorer la collecte de données et la transparence sur l’utilisation de l’énergie par les entreprises du secteur des technologies de l’information et de la communication  afin de mieux informer l’analyse et l’élaboration des politiques.
  • Mettre en œuvre des politiques pour améliorer l’efficacité énergétique des réseaux de transmission de données, y compris les normes d’efficacité énergétique pour les appareils.

Pour les entreprises, ils ont recommandé des actions telles que :

  • Offrir aux clients des outils pour mesurer, signaler et réduire les émissions de gaz à effet de serre provenant de leurs services d’informatique dématérialisée.
  • Concevoir des appareils utilisant des matériaux durables, promouvoir une plus longue durée de vie de ces appareils et soutenir le « droit à réparation » en fournissant aux tiers un accès aux pièces détachées et aux guides de réparation.
  • Utiliser des matériaux d’emballage écologiques ou réutilisables et des systèmes d’emballage automatisés pour adapter leur taille au contenu.
  • Améliorer les chaînes d’approvisionnement et la logistique de livraison et promouvoir la circularité.

« L’adoption de ces pratiques permettra non seulement d’atténuer l’impact environnemental de la numérisation, mais aussi de créer un précédent pour le développement de futures technologies», a déclaré M. Fredriksson.

Les discussions de l’eWeek sur la numérisation et l’environnement ont renforcé les messages de « Notre programme commun » du Secrétaire général des Nations Unies, y compris  ceux du Pacte mondial pour le numérique.

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